RESIDENCE d’ARTISTE

NOTE D’INTENTION A DESTINATION DES ARTISTES

ou

de l’importance de ce lieu,

comme source même d’inspiration… 

 

Cela fait 5 ans que Julieth Mars Toussaint et moi-même vivons le Gros Morne et sa vieille habitation en bois… Il faut bien ce temps-là pour apprivoiser l’âme d’un endroit. Au fil des rencontres, nous avons pris conscience de sa force et nous avons décidé d’ouvrir ce lieu à d’autres artistes.

Un jour, je vois Philippe M. qui habite là depuis plus de 30 ans, perdu dans ses pensées devant la sculpture de Jean Marc Hunt, « Mains au ciel ». Je m’approche de lui et lui demande ce qu’il pense de ces mains rouges qui sortent du sol et s’élancent vers le ciel. Il prend son temps et me répond sérieusement : – Si tu savais tous ceux qui sont passés par là… Et comme il ne voulait pas m’en dire plus, il a abrégé en riant.

C’est là que j’ai pris conscience que notre Gros Morne était à la croisée de chemins secrets – entre Les Plaines et La trace des contrebandiers, Acomat et Morne à Louis aux Mamelles. De par sa localisation, le lieu prenait une autre dimension.

Toute une histoire re-visitée avec un autre point de vue, celui de la dignité et de la rédemption, de l’entraide et de la solidarité.

Tout à coup, entre la ville et le noman’s land de la forêt profonde, cette vieille caféière du XVIIIème trop précaire et trop reculée pour perdurer longtemps après 1848, a du devenir un refuge, une sorte d’auberge « espagnole » à la nature qui protège et nourrit.

Là, on se posait et on se préparait avant de descendre à Pointe Noire.

J’imagine le chasseur-braconnier devenir boucanier et tanneur de peaux de racon. Les cueilleurs de café ou de cacao, et ceux de fleurs ornementales des forêts – anthurium, alpinia, rose de porcelaine, déposent leur charge et rejoignent la bande des bucherons, scieurs de long et tailleur d’aissantes qui font la pause, en se racontant les nouvelles. Des tonneaux, des sacs pleins et quelques cages d’oiseleurs, chasseurs de tourterelles et de perroquets, attendent un départ imminent  à dos d’ânes.

Le commerce à Pointe Noire était florissant et des plus « exotiques », début XVIIIème.

Et même quand le contexte politique et économique a changé, l’isolement aidant, l’esprit et les habitudes de comportement sont restés. Comme l’a raconté Marthélius Ladine, historien de Pointe Noire : « L’histoire atteste en effet qu’à plusieurs reprises les pontis-neris ont largement manifesté leur farouche ténacité à ne pas faire comme les autres, quand bien même ils iraient dans le sens contraire au vent de l’histoire ».

Et puis, Pointe Noire a été la ville la plus enclavée de l’île jusqu’à l’ouverture de la Route de la Traversée en 1967.

Aujourd’hui encore, c’est souvent un cul-de-sac dès lors que cette route est coupée, comme elle l’a été après le cyclone Maria.

Aujourd’hui, cela nous ramène à la nécessité de valoriser cette oasis de nature protectrice et nourricière, comme symbole d’indépendance de pensée. Ces histoires d’anciens qui se racontent parfois au détour de conversations, nous ramènent à la notion de marge et de culture souterraine.

Elles sont source d’inspiration et de création… une métaphore pour continuer à raconter.

« Des arbres au seuil du monde bourgeonnant de chants vifs », c’est le titre magnifique et prometteur de la sculpture de Jymmi Anjoure Apourou, réalisée lors de la première résidence à Samana et mise en place en août dernier.

A votre belle imagination ! /…

le 15 octobre 2017, Cristine Asperti

ATELIER  RESIDENCE

Depuis 2017, Samana a ouvert son LIEU aux artistes

Qui peut postuler pour séjourner à Samana ?

Les artistes professionnels,

peintre plasticien sculpteur

et performeur en tous genres

ayant un budget, une subvention ou

que Samana inspire.

Envoyez directement votre projet

à l’adresse mail suivante :

juliethmarstoussaint@gmail.com

avec en pièce jointe,

un pdf de votre projet

en précisant bien :

vos motivations,

la durée et la période souhaitée,

les matériaux et techniques développés,

le financement disponible

et vos besoins matériels.